Fukushima….

La nouvelle vie des « déplacés » de Fukushima [Partie 1] : l’agriculteur

La nouvelle vie des "déplacés" de Fukushima [Partie 1] : l'agriculteur

Hiroshi Miura a contribuer à relancer l’agriculture près de Minamisoma en fondant l’association Nomado.

– Arnaud Le Gall

Le 14 mars 2017 à 10:52
Par : Arnaud Le Gall

Six ans après le tsunami et l’accident nucléaire à Fukushima, au Japon, les habitants de Minamisoma réapprennent à vivre. Hiroshi Miura a créé l’association d’agriculteurs Nomado. Nous l’avons rencontré.

Partir. Pour Hiroshi Miura, comme pour 60 000 habitants de Minamisoma, dans la préfecture de Fukushima, la fuite était la seule option lorsque les réacteurs de la centrale nucléaire ont explosé en mars 2011. « Je suis resté un temps à Tokyo. Quand j’y suis arrivé on a mesuré 15 000 becquerels sur mon manteau », raconte-t-il.

Rapidement, constatant que la radioactivité est proche de celle de la capitale japonaise, il retourne dans sa région natale. En revanche, six ans plus tard, l’agriculteur n’est toujours pas revenu habiter dans son quartier d’Odaka, où l’ordre d’évacuation a pourtant pris fin en juillet 2016.

Lire aussi : Six ans après la catastrophe, on y était

Une association de cultivateurs

Mais l’homme a repris le travail. Avec d’autres cultivateurs, il a fondé l’association Nomado qui oeuvre à la restauration de l’agriculture locale. Il s’installe dans la ville voisine, Soma. Les premiers mois sont consacrés à la remise en état des terres ravagées par le tsunami. Il s’équipe aussi d’un appareil de contrôle de la radioactivité des sols. Pour lutter contre la contamination,  les paysans utilisent du chlorure de potassium qui empêche le césium de rester. « La grande coopérative agricole du Japon était réticente à acheter les sacs de riz du département de Fukushima. L’action de la préfecture a été déterminante, estime Hiroshi Miura. Elle a équipé les agriculteurs de machines pour contrôler les sacs de riz. »  202 appareils à 30 millions de yens (environ 245 000€) sont déployés.

En 2012, 11,7 millions de sacs sont ainsi contrôlés et les résultats sont déjà satisfaisants: seuls 71 sacs, présentant plus de 100 becquerels (la norme sanitaire) sont mis de côté. Les années suivantes, le ratio est encore amélioré. « En 5 ans, 99,994 % des sacs présentaient moins de 50 becquerels par kilo. La récolte de septembre 2016, en contrôle actuellement, est dans cette lignée », présente fièrement le cultivateur.

Regagner la confiance

Malgré ces réussites, environ 30 % des terres agricoles de la zone contaminée ont été remises en culture.  Le défi reste aussi de convaincre les consommateurs, y compris locaux, à accepter de manger le riz de Fukushima. « Nous sommes en train de regagner leur confiance », juge Hiroshi Miura, qui mène plusieurs combats de front. Il a ouvert un magasin de vente directe et sa ferme fait aussi office d’outil pédagogique et culturel afin de ressouder la communauté meurtrie.

Il assure aussi le rôle de négociateur avec les autorités et Tepco pour l’indemnisation censée compenser le manque à gagner des professionnels de la région. L’industriel s’est engagé à verser de l’argent pendant encore trois ans. Une action en justice doit connaître son verdict le 21 mars 2017.

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4 commentaires

  1. juliette · mars 14

    je suis allée lire ton lien de la manche libre tout à l’heure , et de liens en liens lire d’autres articles ! quel courage ont tous ces gens …c’est flippant ( et dire que pour nos petits tremblements de terre Ubayens ) j’ai encore un peu peur !
    https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/tribune-fukushima-une-catastrophe-sans-fin_111224
    Bonne soirée Tux tux 🙂

    un autre lien long , long , long …

    http://www.fukushima-blog.com/

  2. juliette · mars 14

    je suis modérée , j’ai mis 2 liens

  3. Leodamgan · mars 14

    Il y a moyen de s’en sortir, alors?

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